31/03/2014

Le Mans Classic 2014: D-95!!!

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26/03/2014

Le Mans Classic 2014: D-100!!!

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21/03/2014

Le Mans Classic 2014: D-105!!!

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17/03/2014

Le Mans Classic 2014: D-110!!!

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Franc parlé.

Pour ceux qui lisent Sport Auto (magazine de référence), vous avez sûrement lu cette longue interview de François Fillon. Il aime la bagnole, ce n'est pas nouveau, il pilote (pas bien vite, et il ne s'en cache pas), et il est certainement un des (très) rares à avoir un avis à contre-courant de la bien-pensance nauséabonde et aveugle sur l'industrie automobile française. En voilà un extrait pour ceux qui sont passés à côté.

[...]

Quel regard portez-vous sur l'état de l'industrie automobile française?

J'ai toujours pensé que le mode de recrutement de ses dirigeants était un problème. Ce n'est probablement pas vrai seulement pour l'automobile. Mais le fait que la plupart des grandes entreprises françaises aient, pendant longtemps, été dirigées par des hauts fonctionnaires de très grande qualité mais n'ayant aucun affect, aucune proximité avec l'automobile, explique en partie l'écart qui s'es creusé avec l'industrie automobile allemande. Car elle est dirigée par des gens qui aiment l'automobile. J'ai le souvenir d'être allé voir, il y a longtemps,, le patron de Peugeot, pour lui demander pourquoi il ne faisait pas de 4x4. Il m'avait répondu: "Il n'y a pas de marché!". Plus tard, à l'époque de Folz, j'étais retourné les voir avec Pescarolo, pour leur proposer de faire courir une voiture diesel au Mans. Réponse: "Ca n'arrivera jamais!". Mille fois j'ai dit aux dirigeants de l'industrie automobile française: "Pourquoi ne faites-vous pas une belle voiture de sport, puissante?". Réponse: "Ca ne se vendra pas!". Ils ne comprennent pas la part d'irrationnel de l'automobile. Les Allemands ne sont pas génétiquement différents des Français dans leur relation à l'automobile. C'est plus dans le comportement des dirigeants politiques et industriels, que se trouve le sujet.

Pour les politiques, l'automobile appartient-elle au passé?

Oui, cette idée est très répandue parmi les dirigeants politiques. L'automobile serait finie. Toute cette subjectivité autour de l'auto, cette passion, reste totalement incomprise. J'ai une anecdote à ce sujet. J'ai assisté à toutes les éditions des 24 Heures du Mans depuis quasiment quarante ans. En 2003, je suis ministre des Affaires Sociales, je défends la réforme des retraites à l'Assemblée Nationale. Le débat dure trois semaines, jours et nuits. Le samedi des 24 Heures du Mans, je suis en séance à l'Assemblée. Je ne peux pas regarder le départ de la course, et je suis fou furieux. Le Président de l'Assemblée Nationale offre alors un déjeuner aux parlementaires. Je passe à côté de la table des communistes, et je leur dis: "Vous exagérez! A cause de vous, je vais rater le départ des 24 Heures du Mans!". L'un d'eux répond: "On va arranger ça." A 15h50, un député communiste demande la parole: "C'est scandaleux, le ministre vient de nous insulter, ça ne peut pas continuer, nous demandons une interruption de séance!". Il l'a obtenue et, du coup, on regarde le départ sur un poste de télé dans le couloir. A ce moment, Jean-Louis Debré passe et me dit: "Ah? Ca existe encore les 24 Heures du Mans?". Quand je dis qu'il y a 250 000 spectateurs, que seul le Tour de France rassemble plus de public, les dirigeants français ne comprennent pas. Le dernier Président de la République qui se soit intéressé à l'automobile, c'est Pompidou! Le dernier à être venu au Mans! Il faut que je fasse attention en disant ça, je vais donner des idées à Hollande (rires)... J'ai essayé dix fois d'amener Chirac au Mans, de lui faire donner le départ, je n'ai jamais réussi. Je pense que sa fille Claude s'y opposait.

[...]

L'autophobie ambiante et la mauvaise santé des constructeurs sur le marché français ne sont-elles pas le résultat d'une politique gouvernementale désastreuse sur le plan de la sécurité routière?

Pendant longtemps, il y a eu beaucoup de laisser-aller sur ces questions. Nous étions parmi les derniers en Europe. Jacques Chirac a donné un coup de barre aux résultats spectaculaires. A partir de là, dans ce pays où les choses sont souvent binaires, on a: d'un côté le laxisme, qui donne des résultats terribles en termes de morts sur la route, de l'autre l'autorité, la répression, aux effets spectaculaires.

Du coup, le débat se résume à cela. On oublie tout le reste, les efforts sur la sécurité du réseau, sur la sécurité des véhicules eux-mêmes. Il est difficile de rentrer dans ce débat, car les français ne sont pas très respectueux des règles. Dès que vous leur envoyez un signal, même minime, qui donne le sentiment qu'ils peuvent y aller, ils y vont! Cela ne veut pas dire qu'il faut se contenter de cette situation. Le seul moment du quinquennat où j'ai été en difficulté avec ma majorité - le seul! - c'est lors du débat sur la sécurité routière. On avait décidé d'interdire les Coyote, d'enlever les panneaux d'annonce des radars. Cela a été terrible! D'un autre côté, vous avez des associations très puissantes, qui ont un écho considérable dans les médias.

Si on voulait vraiment remettre tout ça à plat, il faudrait organiser une réflexion complète sur tous les sujets, les règles, les infrastructures. Avec un pragmatisme anglo-saxon que nous n'avons pas. Je récuse, en revanche, le discours qui prétend que c'est destiné à faire de l'argent. Cela n'a jamais été un argument. Mais quand vous êtes un homme politique, si vous allez à la télé pour expliquer que vous voulez augmenter la vitesse sur les autoroutes, vous vous faites massacrer immédiatement.

Il y aura une nouvelle entrée possible sur ces questions, avec l'arrivée de technologies novatrices sur le guidage, les systèmes anticollision, d'éventuelles modulations des limitations de vitesse. Mais le risque, c'est la voiture télécommandée, à laquelle rêvent malheureusement beaucoup d'experts.

Histoires d'Autos. François Fillon, Course en Tête.

Sport Auto, Août 2013.

18:00 Écrit par R dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook